Ville de Nay

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Nay,12 juin 1944

Histoire de NayEn ce chaud après-midi du Lundi 12 juin 1944 à Nay, il règne de l’animation place du Maréchal Pétain, anciennement place de la République. Un camion est stationné transportant un groupe de FTPF (francs tireurs et partisans français) venus distribuer des vivres à la population. Ils sont salués par beaucoup, heureux de revoir ces clandestins qui ont pris le maquis depuis plusieurs mois.

Mais voici qu’une information circule. Un témoin qui arrive des Quatre Chemins à 2 km de là y a vu une voiture et trois camions en stationnement chargés de troupes allemandes. La chose se vérifie bientôt par le bruit d’explosions d’armes légères.

Des maquisards ont franchi le pont et parmi eux Maxime Boyrie qui se positionne sur la place, armé d’un fusil mitrailleur. Il n’a pas le temps de l’utiliser car il est atteint d’une balle dans la tête à partir d’un tir venu de l’autre extrémité du cours Pasteur pris en enfilade par la colonne allemande. Tout près de là son camarade de combat Jean Seignères est arrêté et fusillé dans un chemin situé au pied de la côte du lycée. Pendant ce temps un autre drame se déroule à hauteur du garage Nessans où un groupe de personnes s’est réfugié. Parmi elles, Henriette Lascourrèges, Jeanne Lauga et Marie Mendez, toutes trois de Bénéjacq. Les détonations d’armes s’étant tues dans la rue, elles se risquent dans celle-ci et sont aussitôt abattues. Trois autres personnes, Irène Duboé de Bénéjacq, Huberte Lascsoureilles de Nay et Julia Marrimpoey de Mirepeix sont légèrement blessées. Toujours dans le même cours Pasteur, Charles Serville négociant en charbon est fusillé et Pierre Cazaban retraité est abattu dans sa maison tandis que les soldats incendient la villa Vallanet.

Sur la rive gauche on assiste à la retraite des FTPF et à la fuite d’habitants de tous âges qui vont se réfugier dans les côteaux avoisinants ou plus loin dans la campagne. Les militaires fouillent les maisons et au cours de cette opération, Clément Lacoste commerçant rue Gambetta est tué dans son couloir. De nombreux habitants sont conduits cours Pasteur à la gendarmerie pour vérification d’identité. Ils seront libérés dans la nuit.
Le même jour dans la soirée, une colonne allemande composée d’une voiture et de cinq camions est attaquée à proximité du pont d’Assat par le bataillon Vernet, demi-brigade Carrère, appartenant au Corps Franc Pommiès, endroit où la colonne allemande subit des pertes en hommes.

Maurice Triep

Par ordonnance 48.2117 en date du 8 novembre 1945, les huit victimes du combat de Nay ont été déclarées « Morts pour la France ».
Jean-Pierre Poncy a recueilli sur ces évènements de nombreux témoignages consignés dans une brochure.

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