Ville de Nay

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Charles Borel-Clerc, compositeur

Personnages célèbres de NayLe 22 septembre 1879 un garçon naissait au foyer de Joseph Clerc ingénieur électricien et de son épouse Sophie née Borel. Charles, le nouveau-né, voyait le jour à la maison Garrigue plus connue sous le nom de Maison Carrée.

Professionnelement installé à Nay durant les travaux d'électrification réalisés dans la région, Joseph Clerc inscrivit son fils devenu adolescent dans un lycée de Toulouse où il suivit des études classiques. Comme il avait pour lui de l'ambition, la famille s'installa à Paris où Charles âgé de 17 ans fut inscrit à l'Ecole Centrale avec pour objectif de le voir devenir un jour ingénieur comme son père. Survint alors un coup du destin qui allait tout changer dans l'avenir du jeune étudiant. Son père avait retrouvé dans la capitale un ami de régiment devenu professeur de trompette au conservatoire.

Pour Charles qui avait des dispositions pour la musique il ne fut plus question d'Ecole Centrale mais de l'apprentissage du hautbois conseillé par le professeur qui avait deviné les prédispositions du fils de son ami.

Dix mois après, le jeune instrumentiste voyait son talent instrumental récompensé par la réussite au concours d'entrée au Conservatoire de Paris.Il y suivit des études musicales et instrumentales, cours harmonie, travail d'orchestre.

En 1900 âgé de 21 ans il y obtenait un premier prix lui ouvrant les portes des grands orchestres de l'Opéra, Opéra Comique, Concerts Colonne et Lamoureux. Il effectua son service militaire comme hautbois solo au 24è régiment d'infanterie. Sa carrière de musicien semblait donc toute tracée, mais c'était sans compter sur son goût pour la chanson. Finie la musique classique, place à la variété.

En 1903, l'éditeur Hachette lui commande un air de danse sur des motifs espagnols. C'est " La Matchiche ", premier succès d'une carrière qui lui vaudra plus tard le surnom d' " Homme aux mille chansons ". Voilà Charles Borel ( il a pris le nom de sa mère comme pseudonyme ), qui entre dans le cercle des grands compositeurs de variétés de l'époque, et les succès s'enchainent.

Août 1914 c'est la grande guerre et il faudra attendre 1916 pour entendre des airs patriotiques bien dans le ton qui plait au public. " La Madelon de la Victoire " célèbre la paix revenue, Charles Borel compose alors pour les artistes en vue comme Maurice Chevalier, Edith Piaf, Tino Rossi, Misstinguet, André Claveau, Alibert et bien d'autres qui immortalisent ses airs. La seconde guerre mondiale et l'occupation interrompent cette production sans limites jusqu'à la Liberation où il compose l'air célèbre de " Ah ! le petit vin blanc " qui chante la paix revenue.

Cinquante ans de musique populaire ont été brillamment couverts par ce compositeur d'exception qui meurt à Cannes où il s'était retiré, quelques mois après son épouse. Sa mémoire est rappelée à la Maison Carrée.

Jean-Pierre Poncy

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